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Aadrian De With - Terminée

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MessageSujet: Aadrian De With - Terminée Mar 7 Juin - 16:29


❝Aadrian De With



I write sins not tragedies



❝ Surnom : White (Queen)
❝ Age : 1243 ans, 25 ans d'apparence physique.
❝ Race : Vampire.
❝ Date de naissance : 9 novembre 2057.
❝ Pays d'origine : Pays-Bas.
❝ Métier : Bibliothécaire.
❝ Attirance : Gay.
❝ Plus grand rêve : Probablement la solitude, mais plus certainement et secrètement celui de trouver quelqu'un pour le compléter.
❝ Pêché mignon : Le thé, l'alcool et les cigarettes.
❝ Plus grande peur : L'attachement et la dépendance à quelqu'un.


❝D'une pensée un souffle perdu




Merci de compléter ce formulaire un peu indiscret...
• Taille : 1m87
• Poids : 81 kg
• Couleur de cheveux : Blancs
• Couleur des yeux : Jaunes
• Tatouages, piercings, cicatrices ? Un tatouage dans le dos remontant sur la nuque et le bras droit, diverses cicatrices sur les bras et une au niveau du torse.
• Description : Une silhouette fine et élancée sur laquelle s'étend une peau blême, presque livide dévoilant de fins vaisseaux bleutés au niveau de ses articulations. Sous cette peau blême s'étend une musculature finement développée. Ses épaules sont larges, ses membres longs et finement sculptés. De sombres arabesques se dessinent sur sa peau, témoignant des histoires qu'il se raconte de même que les nombreuses cicatrices ornant bras et poitrine résultent d'un passé tumultueux. De par sa carrure, Aadrian en impose, il n'a rien du petit bibliothécaire restant cloîtré entre quatre murs. Malgré sa musculature, Aadrian transpire l'élégance, aussi bien dans ses gestes que dans sa voix profonde. L'homme porte la plupart du temps des pantalons noirs, accompagnés d'une simple chemise, toujours bien repassée, témoignant d'un certain raffinement dénué d’excentricités. L'homme aime la simplicité et préfère que son statut se note de par son attitude et non pas par un quelconque travestissement. Malgré ses muscles, il a ce côté légèrement androgyne qu'il exècre, son corps imberbe accentuant ce malaise, il tente autant que possible de s'habiller de façon masculine, évitant au maximum les accessoires, ses cheveux étant déjà à l'origine de son surnom ridicule.

Une longue chevelure d'argent, souvent en bataille quant à elle, vient cascader sur son torse travaillé. Ils lui donnent un petit côté féminin bien que sauvage et animal, contrastant fortement avec le soin porté à son habillement. Il les ramène parfois dans une queue de cheval gauchement attachée. Ils représentent la seule partie de son anatomie dont il ne sait prendre soin, se refusant malgré tout de les couper. Les mèches rebelles viennent dévorer son visage aux traits fins et délicats, malgré quelques arrêtes saillantes sur lesquelles on penserait se couper. Il a un véritable faciès de muse masculine, malgré les cernes ayant élu domicile sous son regard ambré, mauvais et tranchant comme des lames de rasoir, leur forme en amande n'arrangeant rien à cette impression. Il a un nez fin à l'arrête légèrement courbée vers le haut, accentuant la délicatesse de ses traits et se plissant lorsqu'il est contrarié. Ses lèvres quant à elles sont épaisses et bien dessinées, d'une couleur assez pâle et sont rarement départies d'une cigarette ou d'une boisson, bien souvent alcoolisée. Il a le cou long d'un cygne blanc et cet air irréel malgré ses traits fatigués et ses membres anguleux de même que ses sourires assez rares et souvent présages d'une mauvaise expérience à venir. Il a souvent un air strict, voire sévère, encore plus lorsqu'il porte ses lunettes pour lire, ces dernières lui donnant des airs de professeur un peu guindé.


Ce formulaire nous sera utile pour vous aider à trouver un Maître ou un Calice, alors remplissez-le avec soin !
• Trois qualités : Cultivé, intelligent, observateur.
• Trois défauts : Cynique, impulsif, capricieux.
• Préférence sexuelle : Dominant à tendance brutale en général, ambivalent lorsqu'une belle occasion se présente.
• Description : Aadrian c'est ce type renfermé, le nez dans ses bouquins et la mine sévère. Il est froid, glacial, la glace qui lacère la chair, qui fige, et qui vole la chaleur, se délectant de votre âme qui se blesse, lacérée par des mots acérés et habilement choisis. Il n'aime pas ses semblables, les trouvant vils et stupides, n'en pensant pas moins des humains. Il se complaît dans sa propre compagnie, à l'image d'un loup solitaire. Il passe des heures à lire, dévorer les idées d'autres, s'enivrer de l'odeur de l'encre et du papier humide. Ça n'est pas un homme compliqué, il sait se satisfaire de peu, se contentant d'un mélange à la couleur maronâtre éveillant l'esprit et de retracer le cheminement des plumes ayant noirci les pages de leur histoire. C'est un homme cultivé, qui a cependant une grande méconnaissance du monde et de ses mœurs. Enfermé et isolé depuis son enfance il perd aisément pied lorsque l'on tente de l'approcher d'un peu trop près, que l'on glisse derrière ses barrières d'amertume rendant sa présence un peu trop réelle à son goût. Aadrian vit dans son petit monde et se fiche de ce qui l'entoure. C'est un être seul et ravagé par un passé tumultueux, il en veut au monde au entier, mais il est probablement l'être auquel il en veut le plus. Il collectionne les addictions pour oublier ses afflictions, s'oubliant dans un verre ou le temps d'un fix. Le genre de type pas vraiment fréquentable en somme. Il a perdu goût à toute chose. Il n'est rien de plus qu'un lâche qui dresse une barrière entre lui et le monde, détournant le regard face à une réalité qui dérange. Il n'aime pas parler de lui et s'enferme souvent dans un mutisme pesant.

Il connaît l'étiquette de par les écrits, mais il ne l'applique que rarement. Se contentant en général de grogner pour dire bonjour - on suppose - et d'un "Connard" pour vous dire au revoir - on suppose toujours. Il n'est pas facile à aborder, encore moins à côtoyer, sans compter qu'il a les nerfs à fleur de peau et qu'il ne se gêne pas pour montrer qu'un rien l'agace, coupant court aux conversations auxquelles il ne trouve pas d'intérêt de la pire manière qu'il soit, sans prêter gare aux réactions ou aux conséquences de ses actes. La morale lui échappe, étant un esprit libre, il ne saurait se faire dicter un comportement par une société l'ayant autrefois rejeté. Il se crée ses propres règles, ses propres limites, se rendant capable du meilleur, comme du pire. Et c'est dans le pire qu'il est le meilleur. Il peut sembler parfois lunatique, mais il fonctionne à l'envie, n'aimant pas qu'on tente de lui imposer une conduite. Mais dans le fond, Aadrian est une âme brisée, s'engouffrant dans son propre malheur et écartant toute lueur d'espoir de peur de finir encore plus blessé. Il a du mal à faire confiance, ayant perdu toute foi dans les autres et dans la vie même, il n'aspire cependant qu'à trouver ce qu'il n'a jamais eut, bien qu'il ne se l'avouera jamais.

C'est un homme têtu, parfois capricieux, souvent agressif, tantôt cynique, par moments taquin. Il ne se laisse pas être doux, assimilant la tendresse à la faiblesse, mais dans le fond, il n'est pas méchant. C'est un homme blessé ayant renoncé à la vie, chérissant cependant ce qui lui est cher, bien qu'il reste très peu de choses ayant de l'importance à ses yeux. En gros, il se fiche quasiment de tout, mais restera dans son coin tant que personne ne vient l'enquiquiner, à moins que ses pulsions ne refassent surface. Sûr de lui, franc et assurément trop direct, on ne peut pas lui reprocher d’être hypocrite parce qu’il ne recherche aucunement la sympathie de ses semblables, au contraire, il est plus aisé de dire ce qu’il pense plutôt que d’essayer d’inventer un quelconque compliment entraînant son interlocuteur à reprendre la conversation en l'ensevelissant sous les banalités. Mais même s'il est trop fier pour l'admettre, pour peu que l'on s'attarde sur son comportement, il est évident qu'il n'est que souffrance et lassitude. Aadrian n'a pas d'avis réel sur le Caliça, il trouve que c'est un système pratique et arrangeant, il est là, il fait avec. On peut parfois le surprendre à avoir des travers "mignons", si on veut, de même qu'une certaine tendance à être tactile bien qu'il réprime ces instincts pour garder son air détaché et la barrière entre lui et le monde. Dès qu'il le réalisera il se reprendra bien vite, allant souvent s'isoler et restant muet pendant des heures parfois.



❝Les péripéties d'une vie

We're about to open a door which had been closed a long time ago


Des pétales blanches se perdent dans le ciel, s'unissent et s'abandonnent dans une danse fascinante. Groningue semble comme figée, endormie sous un épais manteau de neige semblant absorber toute vie. La rivière Reitdiep se couvre d'un fin linceul de givre, encore trop friable pour que les enfants n'osent s'y aventurer. La Tour Martini, ou Martinitoren comme ils disent, perce fièrement la monotonie de cette ville plate, les cloches sonnent sept fois berçant le jour qui se meurt au profit de la nuit. Un cri strident vient percer l'horizon, tandis qu'agonise la mère. Les muscles tendus, tirés, presque tétanisés par la douleur. Une goutte de sueur vient perler sur son front, glissant pour explorer ses traits déformés et enlaidis par l'existence qui trône depuis désormais trop longtemps entre ses reins. Une vie de labeur lui a creusé les épaules, durcit les traits, elle n'a pas atteint le quart de siècle qu'elle se laisse sombrer dans les bras de cet ange sombre espérant enfin y trouver du répit. Il naît, l'enfant. De ses entrailles, il s'étire jusqu'à l'en faire crever; la mère. Amère. La mère morte. Ils hurlent en chœur et s'abandonnent chacun à un monde nouveau, son premier souffle sera son dernier; à elle. Le silence retombe, lourd et assommant, laissant place à une tension palpable. Le père se perd. Il ressent tout son amour dans ce dernier effort qu'elle fait pour le mettre au monde. Il n'a pas le droit de sombrer, cet enfant c'est son fardeau, l'écharde au fond du cœur qui ravive le souvenir de ce qu'il lui a pris. Il ne peut pas l'aimer. Il ne pourra jamais. Il ne sera jamais le père que Veerle voulait qu'il soit, il n'a plus la force d'avancer, pas sans elle. Ils la mettent en terre alors qu'il garde l'enfant dans ses bras. Il est chaud son corps, ça lui fait un bien fou et le déchire à la fois, par ce qu'il lui a ôté toute sa chaleur et il ne peut même pas lui en vouloir. Alors il s'abandonne, il s'oublie contre un corps inconnu, se perd en lui. Il ferme son esprit un instant et fuit cet enfant qui lui fend le cœur. Il ne veut plus le voir, sentir ce souffle contre sa peau, car chacun de ses souffles il les lui a volé; à cette femme douce et dévouée, à son soleil désormais calciné. Il se déteste de le détester, il est faible, bien plus qu'il ne veut se l'avouer.

Il a neuf ans et il s'en va, se lance à corps perdu sur les routes. Son père est tout ce qu'il a et même ça, il ne l'a pas vraiment. Les rares fois où il se donne la peine de rentrer il hante la salle à manger. L'enfant entend alors les bouteilles rouler, de même que son géniteur pester contre l'horloge, hurler qu'elle se moque de lui. Aadrian se glisse alors hors de son lit, ses petits pieds rencontrant le carrelage gelé. Il s'arrête, frissonne sous la morsure du froid avant de s'avancer d'un pas feutré le long du couloir, s'arrêtant sur la porte entrouverte. L'horloge les observe alors de ses douze yeux narquois cette triste mascarade où le père enchaîne les verres, tentant désespérément de retrouver sa femme au fond de son verre et l'enfant, inerte, n'ose jamais franchir cette porte et lui rendre cette chaleur dont il a tant besoin. Le tic tac blesse, les secondes martèlent les "Tu l'as perdue." alors que les minutes chantent les "C'est ta faute." Chaque heure sonne le glas, le coucou qui ne sonne plus lui intime un "Elle ne reviendra plus." Ils restent là, dans deux mondes parallèles, en silence jusqu'à ce que la tête du père ne flanche, venant s'écraser sur la table. L'enfant retourne alors dans sa chambre jusqu'au lendemain où l'homme se glisse dans les draps de ce lit trop grand qu'il partageait avec sa femme autrefois; une odeur d'alcool ou un parfum étranger lui collant à la peau. Les seuls échanges avec son père portaient sur sa virilité, la ressemblance de l'enfant avec sa défunte mère l'agaçait, il tentait donc de creuser l'écart en faisant de son fils un homme, un vrai. Aadrian est las de ce quotidien désaxé, alors il quitte Groningue avec pour seul baluchon sa désillusion, il gravit les collines de Hondsrug, avance malgré le sable dans ses godasses et la soif qui le gagne. Il se fait arrêter à la frontière allemande, on le renvoie chez lui. Son père ne hurle pas, son regard est toujours aussi vide mais cette fois, c'est différent. Il est plus serein, Aadrian le devine dans son regard, son départ l'a soulagé. Le lendemain il le retrouve effondré, c'est la première fois qu'il le voit pleurer. La première fois qu'il s'excuse. Il lui dit qu'il ne peut pas le garder. Ça il le sait. Il a toujours su qu'il n'avait pas sa place entre ces murs lourds d'une histoire dont il ne sait rien mais subit les répercussions. Il quitte les maisons aux couleurs criardes de Groningue pour les quartiers rouges d'Amsterdam.

On l'envoie chez une tante éloignée, il se renferme davantage sur lui-même, préférant les livres à la compagnie de ses camarades. Il s'enferme dans un monde imaginaire, renie une réalité déplaisante faites de gris délavés à la faveur d'un monde riche en couleurs. Il n'aime pas la ville, le vieux clocher lui manque, de même que les après-midi passés à explorer les tourbières, s'imaginant aventurier en quête d'un quelconque trésor. Lysje, sa tante, l'initie aux écrits saints, il trouve dans les bras de l'Eglise le réconfort, s'y plonge et sombre dans des idéaux d'une autre époque. C'est le réconfort d'une renaissance, d'un amour perdu pour l'orphelin qu'il est. Une image indicible à laquelle il se voue servilement, un amour tant convoité enfin trouvé. Dieu, c'est la seule chose à laquelle il peut donner sa confiance. C'est tout pour lui : un confident, un soutien, une force. Sans sa foi, il n'aurait pas autant avancé dans la vie. Il aimait Dieu, même plus que le souvenir rapiécé de sa mère, même plus que sa propre vie. Ses croyances étaient si profondes qu'il en allait à se blesser lui-même. Il pensait que la souffrance pourrait expier tous ses péchés, l'un des plus grands étant de venir au monde. Il était incomplet. La foi lui donnait de l'épaisseur, lui qui se sentait toujours si vide. Chaque jour il traversait le quartier rouge, laissant son regard d'innocent enfant se salir sur les corps s'agitant derrière les vitrines, les silhouettes entrelacées derrière les rideaux. Il était sale. Lorsqu'il rentrait il se réfugiait dans les bras de Lysje sous le regard bienveillant de la sainte croix. Lysje l'aidait alors à expier, les coups s’abattaient comme une délivrance, ses péchés remontant à la surface, venant maculer sa peau blême. Il oubliait ses tourments, les abandonnait à chaque blessure.

Ce fut avec une certaine appréhension qu'il entra dans l'adolescence. Il savait que quelque chose clochait chez lui sans jamais oser déterminer ce dont il s'agissait. Ça lui tomba dessus comme un piano d'une tonne sur un Toon. Il se renferma davantage sur lui-même, n'osant plus parler de ses déviances avec sa tutrice, préférant s'enfermer dans un mutisme inquiétant. Il n'osait pas mettre un nom sur la chose, craignant de la rendre trop réelle. C'était un jour ensoleillé, Aadrian tentait de se débarrasser de la crasse accumulée pendant le cours de sport. L'eau caressait son épiderme meurtrie par ses péchés, ravivant de temps à autres les souffrances passées. Il avait bien entendu attendu que tous ses camarades aient quitté les lieux pour se déshabiller, sa tante lui avait bien fait comprendre que personne ne devait voir ces marques, qu'ils ne comprendraient jamais. Il termina de passer le jet d'eau sur les plaies décorant ses bras puis il se retourna pour prendre une serviette et s'essuyer, c'est là qu'il le vit. Vaast Van Verlinden était un de ses camarades de classe. Plutôt bien bâti et doué en sport, le genre qui ne se gênait pas pour le pousser au train et lui voler la balle lorsque l'occasion se présentait. Jusque là Aadrian s'était arrêté à le mépriser, il ne pensait pas qu'il en viendrait à le voir autrement. Et pourtant, Vaast se tenait dos à lui, nu, fouillant dans son sac tout en offrant à son camarade une vue des plus troublantes. Aadrian se surprit à caresser son corps du regard, dessinant ses épaules musclées, ses hanches étroites et marquées, les yeux du jeune homme s'arrêtant malgré lui sur la chute de reins de son vis-à-vis. Il avait un cul à faire bander n'importe quel hétéro. La voix de Vaast le ramena à la réalité. Troublé, Aadrian se surprit à rougir alors que son camarade lui demandait si le spectacle lui plaisait. Quel idiot. Une insulte quitta les lèvres du plus jeune alors qu'il se mordait l'intérieur des joues avant de se précipiter sur ses affaires pour se rhabiller. Le rire de Vaast retenti dans les vestiaires. Cette nuit son regard se perdit plus qu'à l'accoutumée sur les silhouettes nichées dans les lumières écarlates d'Amsterdam. Il s'enferma dans sa chambre sans un mot empoignant le couteau qu'il gardait sous son matelas pour chasser ce genre d'idées. Cependant le sang eut beau couler, il n'arriva pas à se défaire de l'image que Vaast lui avait présentée de lui, ses cheveux noirs caressant sa nuque rougie par l'eau chaude... Il ne méritait pas l'amour que le Seigneur lui vouait.

A cette époque l'homosexualité avait beau être un fait accepté, Lysje lui avait inculqué des idéaux bien différents. Aadrian alla donc se déclarer à une jeune femme le lendemain, se disant que c'était un moindre mal. Elle s’appelait Myla, c'était une fille de boulanger. Ils s'étaient rencontrés alors qu'Aadrian lisait, penché sur le rebord d'un pont, elle s'était approchée et l'échange fut plaisant. C'était une jeune fille douce aux boucles d'or, une créature à protéger qui aurait affirmé sa virilité, le genre de fille que n'importe quel garçon aurait aimé. Mais pas lui. A chaque baiser, il revoyait l'image de Vaast dans les vestiaires. Le jeune homme hantait les nuits d'Aadrian sans que ce denier ne puisse lutter contre sa forte attirance à son égard. Vaast était un petit con, qui foutait le bordel dans sa tête. C'est tout, c'est ce dont il tentait de se convaincre. Il ne pouvait pas, sa virilité était bien la seule chose qui lui restait de son père et il ne pouvait pas renier la seule entité à l'avoir jamais aimé, tout ça pour des pulsions instiguées par un homme malade, par cette ville décadente. Frustré par ces baiser n'assouvissant jamais ses envies, Aadrian parvint à convaincre Myla de se donner à lui malgré les quelques mois de relation. Cette simple idée effrayait la jeune femme, cependant son petit ami était suffisamment déterminé et habile pour obtenir ce qu'il voulait. Il ne cherchait pas à abuser d'elle, du moins pas entièrement. Il en avait juste besoin, confirmer que tous ses tourments n'avaient lieux d'être. Il était prêt à épouser Myla pour réparer le tort qu'il ferait au très haut, il n'aurait qu'à suivre un chemin tout tracé et il serait enfin libéré de sa croix. Si seulement. Comme toujours, Vaast restait plus tard que les autres, obligeant Aadrian à prendre sa douche en sa compagnie. Ils ne parlaient jamais des marques présentes sur le corps du plus jeune. Ce dernier tourne le dos à son camarade, tentant d'éviter tant que possible de fantasmer sur son corps. Lorsqu'il se retourne pour sortir des douches, son regard se perd un instant sur la main du brun venant étaler le savon sur son torse, il le fixe, une lueur de provocation dans le regard.

- Rejoins-moi... - Cette voix lourde de sous entendu lui arrache un frisson, Aadrian en oublie presque ses projets d'expiation.
- Ta gueule, tu me dégoûtes.

C'est sec, incisif même. Aadrian tourne les talons pour aller se rhabiller, laçant ses chaussures bien décidé à quitter les lieux aussi vite que possible mais Vaast ne s'en formalise pas. Sans prendre la peine de s'essuyer et encore moins de se rhabiller, il s'approche du blond, venant poser délicatement ses doigts à l'emplacement même des cicatrices de son camarade. Aadrian frissonne, tous ses muscles se crispant alors que la voix du brun se fait doucereuse.

- Chui sur que tu penses à moi la nuit... Quand t'es seul... Peut-être même quand tu l'es pas... Ça se passe bien avec ta copine ?

Il sait. Le teint du blond se fait blême. Aadrian se retourne brusquement, saisissant les épaules de son aîné pour venir le plaquer contre les portes du casier. Vaast laisse échapper un grognement, plantant à nouveau son regard dans celui de son cadet, un sourire satisfait ourlant ses lèvres alors que ses yeux explorent avec satisfaction les traits tourmentés du blond. Ce dernier le relâche, quittant les vestiaires en trombe, oubliant ses affaires sur place. Pendant l'acte, Aadrian ne parvient pas à se défaire de la sensation du corps de Vaast, sa chaleur, son souffle et l'odeur du savon. Il commence par se mouvoir laborieusement en Myla, avant que la frustration ne le gagne, les coups de reins se faisant impérieux alors qu'il s'imagine soumettre l'autre con, ses poils se hérissant au souvenir du sourire du brun. Son souffle. Sa voix. Sa peau humide... Ce simple souvenir lui arrache un râle rauque alors qu'il retombe sur le corps de sa petite amie. Il la voit verser une larme, réalise, s'excuse avant de l'embrasser avec tendresse. Il se retire, tournant le dos à Myla, se mordant la lèvre jusqu'au sang. Lorsqu'il sort son regard se heurte à la silhouette de Vaast. Son souffle. Les sourcils d'Aadrian se froncent instantanément alors que son esprit se retrouve tiraillé entre l'envie de lui en coller une ou de le serrer contre lui. Son odeur. Aadrian ne lui laisse pas le temps d'en piper une, il vient le bousculer, bien décidé à échapper à son aîné. Le brun soupire, venant lui attraper le bras fermement.

- Hé... T'as oublié ça.

Sa voix. C'est comme un black out. Aadrian affiche un regard con, observant le milkshake qu'il tient dans sa main. Comment ça a pu se goupiller de cette façon ? Vaast avait juste tourné la situation de manière à ce qu'elle lui profite, prenant son sac en otage pile devant la maison de Myla. Inutile de dire que le simple contact avec son camarade avait suffit à le troubler suffisamment pour qu'Aadrian ne puisse protester. Ils se retrouvaient donc dans un parc, chacun avec un milkshake en main. Vaast s'approche sans crier gare, venant enfermer la paille entre ses lèvres, ne quittant pas Aadrian du regard, glissant sa langue sur la pulpe gonflée de ses lèvres pour venir recueillir une perle de liquide.

- Avoues que t'en as envie.
- T'es con... Chui pas comme toi. Rends moi mon sac.
- Pas tant que t'auras pas avoué...


Vaast vient poser son menton sur l'épaule du plus jeune, affichant un sourire amusé en sentant son cadet se crisper et son cœur s'emballer à ce simple contact. Il ferme les yeux approchant son visage de celui de son cadet. 

- Laisses toi aller, Aadrian...

Sa voix se fait rauque, les joues du blond se colorent alors que la main du plus âgé se pose sur sa cuisse. Il frissonne alors que la main délicate du brun se glisse sur l'intérieur. Aadrian fronce les sourcils, se redressant, jetant des regards inquiets aux alentours. Vaast s'arrangeait toujours pour qu'ils se retrouvent seuls.

- Je suis pas comme toi.

Encore et toujours la même phrase. C'est tout ce à quoi il peut s'accrocher, cette rengaine c'est une dernière bribe de lucidité. Vaast le rendra fou. Ce dernier se relève à son tour approchant ses lèvres de l'oreille du plus jeune alors que ses doigts viennent agripper sa taille, se plantant dans sa chair, attirant le blond contre lui, forçant le contact entre leurs peaux.

- T'es bien pire Aadrian... T'es une bête... Et tu sais les bêtes... - Il vient se plaquer contre lui, joignant leur bassins et effleurant les lèvres tremblantes d'Aadrian des siennes. Leurs souffles s'écrasant l'un contre l'autre. - ... ça se dresse. - Il coule un regard en bas ajoutant. - Je vois que je suis bien parti...

Vaast le relâche, une mine satisfaite éclairant son visage. Il s'éloigne du plus jeune, le laissant face à ses démons. A chaque fois que Vaast l'approchait Aadrian avait l'impression d'étouffer. C'était usant. Aadrian voulait en finir. Juste en finir. Pourtant lorsqu'il eut la lame en main, il n'y parvint pas. Il était lâche, et sale. Souillé par le diable qu'était Vaast, qui s'étendait comme une gangrène dans son esprit, envahissant chacune de ses synapses. Oui, c'était Vaast le problème, pas lui. Après tout, bon nombre de rumeurs circulaient à son sujet, on disait qu'il se donnait un peu à tous les mecs, même pour de l'argent parfois, surtout pour de l'argent en fait. Aadrian se dit alors que s'il le sauvait il pourrait expier ses fautes. Il commença a le suivre, se voilant la face, tentant de se convaincre qu'il agissait tel Jésus à l'égard de Marie Madeleine et non mu par la jalousie. Il continuait de voir Myla, se perdre en elle pour oublier ses déviances, à l'image de son père des années auparavant. Le fruit n'était pas tombé bien loin de l'arbre. Dès qu'il le pouvait il suivait Vaast, laissait son regard explorer ce corps obsédant, se disant que de toute façon son plan le sauverait. La vérité se révèle bien plus dure à avaler. Voir Vaast dans les bras d'un autre lui glace le sang. Il voit rouge. L'homme est bien habillé, de là où il est il devine l'odeur de Cologne qu'il répand autour de lui. Il est plutôt charismatique, le genre sombre et peu rassurant. Aadrian attend une heure avant de les voir revenir, enfin il ne voit que l'homme. Il fronce les sourcils craignant pour la sécurité de Vaast.

- Tu m'espionnes ? Petit obsédé... - Aadrian sursaute, se retournant pour découvrir Vaast, les yeux éteints, son regard cerné et l'air vaguement déprimé. Il sent le cigare, l'eau de Cologne et une légère senteur de fer plane dans l'air. L'odeur de ce mec lui colle à la peau. C'est écœurant. C'est la première fois qu'il le voit ainsi.
- T'fous pas de moi. - C'est tout. Il est crispé, en colère même. - C'était qui ? - Il veut savoir, même s'il redoute la réponse. Il cherche juste à se sauver, à les sauver. C'est tout.
- Personne.

Aadrian agrippe ses épaules, le plaquant contre un mur. Il se fige, craignant les avances de son aîné. Rien ne vient. Il a un quelque chose de désespéré dans le regard. Aadrian ne sait rien et ça l'énerve. L'ambiance est pesante. Vaast lève les yeux sur le plus jeune.

- Dis... C'est comment avec ta copine ?
- Bien
. - La réponse est presque immédiate, trop précipitée même. Aadrian sent le regard de Vaast l'analyser.
- Tu veux pas tester autre chose ? - Le blond reste interdit. Il se mord la lèvre, c'est une bête, vraiment. Il n'arrive plus à trouver ses mots. Vaast poursuit. - Tu te défiles ?
- Non.


La réponse est instantanée et le surprend lui même. Vaast se contente de partir sans un mot. Aadrian ne le rattrape pas. Il débloque, le brun ne fait qu'initier le mouvement et il se lance à corps perdu dans ses petits jeux. Il avait beau l'éviter il savait qu'il ne pourrait pas lui échapper indéfiniment, que dans le fond il voulait que ça arrive, il ne pouvait pas le nier. Mais Vaast disparu mystérieusement, laissant Aadrian en proie au tourment, son obsession pour Vaast n'ayant de cesse de grandir. Il finit par se détourner du Seigneur, quittant l'ambiance pesante du foyer de sa tutrice pour emménager avec Myla. Il se marièrent l'année suivant le départ de Vaast. Ne trouvant pas le réconfort recherché dans les bras de sa femme, il se met à collectionner les addictions, sombrant dans les plaisirs de la nuit, tentant de suivre les pas de son géniteur et d'oublier l'homme, son regard s'attardant sur les corps d'hommes sans qu'il ne franchisse jamais le pas. Il ne peut juste pas oublier Vaast et ces envies qu'il éveillait en lui. 

Myla se tient devant lui, le ventre rond, les traits tirés. C'est l'image même qu'il a de sa mère. Splendide, forte, ravagée. Il l'aime, pas comme elle voudrait, mais il l'aime. Il fait glisser son verre entre ses doigts avant de lever le coude et de le vider d'une traite. Elle lui demande de rentrer, encore. Il reste silencieux, le bras ceignant la taille d'une jeune femme brune dont les traits lui rappellent vaguement son amour perdu. Elle a les larmes aux yeux, sa femme, elle a mal, il le sait, mais il s'en fiche. Il a trop mal pour s'en soucier. Elle part. Il soupire. Une voix retentit dans son dos et lui glace le sang.

- Ça se passe bien avec ta copine ?

Sa voix est plus plus rauque. Aadrian sent un frisson lui parcourir l'échine. Il se fige. Vaast prend place à ses côtés, agrippant le verre du blond pour le remplir avant de le vider à nouveau.

- Bien. On est mariés maintenant.
- J'aurais dit divorcés.


Il laisse échapper un petit rire condescendant. Aadrian plisse le nez, faisant signe à sa conquête du soir de les laisser, glissant un regard en coin à l'adresse de Vaast.

- T'étais passé où bordel?

Il ne répond pas, glissant sans pudeur sa main sur la cuisse du plus jeune.

- Je t'ai manqué ?
- Ta gueule.
- Fais moi taire.


Il ne se fait pas prier. Ses lèvres viennent mordre celles du brun d'un baiser presque violent. Il perd l'esprit, se perd contre lui, en lui. Ils n'ont pas la patience de se traîner jusqu'à une chambre, s'abandonnent dans une ruelle, contre une poubelle, le romantisme absolu. Il trouve ses bras, s'y complaît, l'enlace, la marque dans une étreinte aux accents de désespoir. Pour la première fois il le sent, ce plaisir tant convoité, cette soif de lui qui se tarit enfin, la flamme qui le dévore depuis trop longtemps qui s'éteint entre ses reins. Il se fini en lui et s'y endort toute l'agonie de la nuit. Le lendemain il se réveille, le crâne hanté par l'alcool, trouvant le répit dans une chair tendre. Il l'embrasse, le dévore, s'y accroche comme un dévot à sa croix, trouve une nouvelle foi dans ces retrouvailles. Il a changé Vaast. Ou Aadrian l'a trop idéalisé, il ne le reconnait plus trop, même la couleur de ses yeux lui semble différente à la lumière des bougies, il sent le cigare et l'eau de Cologne. L'homme l'enlace, s'excuse. Aadrian ne comprend pas. Une douleur vive au niveau de sa carotide se fait ressentir, un goût de fer, tout devient sombre et terriblement froid. Son cœur s'arrête alors qu'il vient de battre pour la première fois.

Le Diable hante ses veines et le crève jusqu'à la moelle. Il le sent, au plus profond de son corps. Il sent cette haine qui le consume et qui a recouvert cet amour inouï. C'était ce démon pervers qui l'avait dévié du droit chemin. C'était cet homme sublime qui l'avait souillé tout entier, jusqu'à l'âme. Il lui avait tout pris. Le Saint-Père lui pardonnera jamais ses péchés, triste homme qu'il est et qu'il sera, désormais, toujours. Maudit pour avoir craché sur le Tout-Puissant et signé un pacte avec le Diable; son unique refuge désormais. L'ivresse anime son corps de pantin du Malin, alors qu'il vagabonde, tel un chien errant. Il se laisse traîner dans les ruelles, à la recherche d'une âme en peine à souiller. Un murmure s'agite dans son esprit. Les mots dansent dans ses pensées alors que les regrets le rongent. Bientôt, le sang coulera sous ses doigts fins, tandis que la rage et la faim prendront le dessus. Il se laissera hanter par les péchés car aujourd'hui, il n'est plus que l'ombre de lui-même. Car il y a longtemps déjà, le Diable s'est hissé en lui et s'est niché au creux de son torse. Folie qu'il est, meurtre qu'il commettra en tentant de combler le vide qui l'habite. Ils s'aiment à deux, comme des malheureux, deux êtres brisés qui s'accrochent l'un à autre, partageant leurs conquêtes et s’enivrant des plaisirs de la nuit. Ils quittent la Hollande pour conquérir le monde, ou plutôt les cœurs qui le hantent, ces tendres organes qui semblent leur faire défaut. De par le lien qui les unit, il découvre l'envie, leur désespoir entre en résonance, s'amplifie, de même que ce sentiment de vide, ils s'accrochent l'un à l'autre comme des damnés, se défoncent un peu plus pour mieux faire coller leurs fissures, qu'elles s'épousent dans leurs étreintes fébriles. Ils n'ont que l'autre au monde, aussi odieux l'autre puisse-t-il être, ils s'accrochent à cette relation qu'ils n'ont que trop idéalisé, repoussent les limites de la décence. Ils se détestent autant qu'ils s'aiment. C'est ce qu'il pensait.

Aadrian observe l'homme a travers son verre de scotch. L'odeur de Cologne emplit la pièce, il plisse instinctivement le nez. L'homme qui se tient devant lui à la mâchoire carrée, le teint livide, un cigare vient pendre à ses lèvres tandis qu'il observe l'homme à la chevelure devenue argentée. Ce dernier s'enfonce davantage dans son fauteuil, renfrogné en voyant Vaast minauder devant le plus âgé. Il s'était visiblement bercé d'illusions, cependant c'était évident que Vaast n'était pas devenu vampire par lui-même. Aadrian ressentait ce besoin d'attention que son amant éprouvait dans ses tripes. Ça faisait un mal de chien. C'était cet homme qui l'avait privé de lui et à présent il devait subir ça. Aadrian soupira, laissant l'alcool glisser le long de son œsophage, même ce petit plaisir avait perdu de sa saveur. Il porte une cigarette à ses lèvres l'allumant, tentant d'oublier le manège se dessinant sous son regard agacé. Les sensations partagées avec Vaast se font de plus en plus étouffantes.

Le souffle lourd d'alcool de Vaast vient s'écraser sur sa nuque, lui arrachant un soupir gêné, sous le regard attentif de Ivar, le grand, le Seigneur. La blague. Aadrian plisse le nez lorsque ce dernier vient poser sa main calleuse sur son torse. Il voit parfaitement où les deux hommes veulent en venir et ça l’écœure un peu. Il est en rogne, énervé contre lui-même d'avoir cru que Vaast était autre chose qu'une sale catin. Il ressent l'envie naître au creux des reins de son amant, ou des siens, ou ceux d'Ivar. Il ne sait plus. Il perd pied dans cet échange déplaisant et avilissant.

- Lâche moi sale merde.

Si seulement il avait pu être normal, peut être qu'il aurait pu aimer et être aimé comme il se devait, qu'il aurait pu vivre avec Myla la vie qui lui était destinée. Il vient attraper le poignet d'Ivar le serrant avec une force qu'il ne se connaît pas. Il prend la fuite, il a le cœur en miettes, il ressent celui de Vaast se serrer, puis le soulagement. Ça lui fait un mal de chien. Il retourne près de sa femme, elle ne le reconnait plus, mais elle l'accepte, car pour la première fois elle ressent qu'il a besoin d'elle, qu'il prend réellement conscience de son existence. Il ne lui fait pas peur ce nouvel Aadrian, malgré sa peau et ses cheveux trop blancs et ses yeux dorés. Même s'il n'ose toucher leur enfant, effrayé par ce qu'il est devenu. Il lui plait davantage maintenant qu'il est écorché, maintenant que l'ombre de Vaast s'est noyée dans ses ténèbres. Il ressent le manque, le sien, ou celui de Vaast, il espère un peu, au fond de son âme sombre que l'être tant aimé recherche sa présence. Il ne ressent que les soupirs qui résonnent à l'âme comme des cris, ceux qui lui fendent le cœur alors qu'il s'abandonne en sa femme, tentant de retrouver un semblant de sensations.

Le monde est froid, gelé. Plus rien n'a de sens. Vaast refuse de se nourrir, se laissant peu à peu dépérir, les forces l'abandonnent. Il refuse d'avancer, il ne veut que son amant perdu, uniquement ce qu'Aadrian ne peux plus lui donner, sa soif, il ne peux plus l'assouvir. Ivar avait fini par le convaincre de revenir à ses côtés, suite au décès de Myla, l'argenté n'avait plus d'endroit où aller. Aadrian tente de redonner goût à l'immortalité à Vaast, mais rien n'y fait. La figure tant haïe laisse à nouveau place à l'amant tant convoité, l'amour revient malgré l'amertume qui lui écorche la langue. Il ne peut pas vivre sans lui, c'est un fait. Aadrian est las, épuisé par des siècles de déchirures. Lorsque Vaast pousse son dernier soupir il se surprend à ressentir du soulagement. Il s'en veut. Il revient sur les traces de son passé, redécouvre Groningue en proie au gel, cette ville principalement agricole se retrouve en proie à la misère, la maison de ses cauchemars n'a plus rien de si effrayant. Elle est comme cristallisée dans le malheur de son paternel, un fantôme du passé laissé à l'abandon. Il ne peut que retracer la vie de son géniteur, se laissant gagner par la mélancolie. L'odeur de Cologne envahit les lieux, Aadrian pose un regard vide sur Ivar. Il ferme les yeux l'écoutant s'approcher, tentant de substituer la figure de Vaast à celle du plus âgé. Ils sont deux immortels accrochés au souvenir du même homme, aux souvenirs qu'ils peuvent raviver dans l'autre. Ils ne s'aiment pas, ils ont juste désespérément besoin l'un de l'autre. Ils n'osent prononcer son nom que dans les rares moments d'ivresse, ou lorsqu'ils se fondent l'un dans l'autre, le reste du temps se résume à des introspections muettes et des échanges sans passion. Le temps passe, cette union perd son sens, Aadrian quitte Ivar de même que ce dernier lien l'unissant à Vaast. Les siècles passent et se ressemblent, il revoit Ivar de temps à autres, tout recommence comme si de rien n'était. Avec le temps ça devient une habitude. Ivar devient une figure familière, la jalousie à son égard se dissipe. Ils deviennent amis, presque une famille, sous certains aspects Ivar reste la personne la plus proche de lui et lui fournit une aide financière malgré les protestations véhémentes du plus jeune. Aadrian cherche toujours sa place, errant de Caliçat en Caliçat sans jamais trouver l'envie de rester. Il rencontre Ovide en Allemagne, le premier homme qui éveille en lui une envie qu'il ne connait que trop bien et qui s'est éteinte depuis des siècles désormais, le désir avilissant qui hante ses reins. L'agacement lorsque les regards se posent sur lui, sur ce corps désirable, ce même corps qui lui arrache des frissons pour la première fois depuis longtemps. Il refuse de lui appartenir alors Aadrian cède à l'envie, le fait sien contre son gré, par ce qu'il a cette lueur de provocation dans le regard, cette froideur dans le cœur alors que les mains du vampire se posent sur son corps. Ovide le couve de tout le mépris qui lui est du, par ce qu'il a pas su protéger Vaast, qu'il n'est plus rien si ça n'est une carcasse vidée de toute envie. Le lendemain alors qu'il s'attend aux réprimandes on lui annonce qu'Ovide accepte de devenir son calice. Ils s'engagent pour dix années de cohabitation en enfer. Ovide, c'est un putain de serpent, du genre qui s'immisce dans votre tête, éventre votre intimité pour mieux vous utiliser, vous saigner à blanc. C'est alors tout ce qu'Aadrian cherche. Ils se débattent, l'un comme l'autre pour garder le contrôle, mais tout prend fin brutalement lorsque la dixième année s'achève. Aadrian est vide, la dernière lueur d'espoir s'éteint avec la flamme qu'il nourrissait à l'égard de son Calice. Il reprend son errance jusqu'à s'arrêter dans le Caliça de Roncepourpre, las d'errer sans but. Il se replonge dans ses livres, s'y noie et s'isole, perdant à nouveau pied avec la réalité.


❝L'ombre derrière l'incarnation




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MessageSujet: Re: Aadrian De With - Terminée Mer 8 Juin - 19:52
Bonsoir Aadrian je te souhaite la bienvenue parmi nous !
Bon courage avec ta fiche et si tu as la moindre question n'hésite pas.
Pour ce qui concerne ta demande de "a" tu parles de ton pseudo ? Il t'en manque un dedans si je comprends bien ?
fox
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MessageSujet: Re: Aadrian De With - Terminée Mer 8 Juin - 20:02
Bonsoir et merci beaucoup pour l'accueil et les encouragements! )o)
Pour les "a" en effet il s'agit de changer le pseudo en "Aadrian De With" plutôt que "Adriaan" si c'est possible merci d'avance! ♥

Et j'ai une petite question concernant la soif du diable, elle fait son apparition suite à l'ère glacière si j'ai bien compris. Du coup je voulais savoir, des vampires étant habitués à se nourrir entre eux et n'étant pas encore au courant ont donc du continuer à se nourrir les uns des autres non ? Du coup certains d'entre eux se seraient beaucoup affaiblis, voir auraient pu périr ? Ou les mesures ont été mises en place suffisamment rapidement pour éviter ce genre de soucis ?

Merci d'avance pour la réponse! :3
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Othello
MessageSujet: Re: Aadrian De With - Terminée Mer 8 Juin - 20:14
C'est modifié ♥
Autrement : La faim du diable est apparue pendant l'ère glacière ! Et, c'est surtout que le symptôme a finit par toucher chacun d'eux, mais autrement il est vrai que certains on pu continuer peu de temps encore à se nourrir de leur semblables -court cependant- avant que la loi ne soit mise en place. Cette période a été assez chaotique jusqu'à ce que l'ordre soit rétabli entre eux. Certains ont pu en périr d'ailleurs très nettement, les plus faibles j'imagine -ceux qui ne s'adaptent pas aux changements-
J'espère que ça réponds à tes questions :)
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MessageSujet: Re: Aadrian De With - Terminée Mer 8 Juin - 20:18
Merci! Par contre avec seulement un double "a" désolé, le prénom est pénible ;^; Merci encore pour la modification.
Fufufu, merci pour ces éclaircissements! ♥
Je tente de finir ma fiche rapidement, je demande pardon par avance pour la longueur. ><
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MessageSujet: Re: Aadrian De With - Terminée Jeu 9 Juin - 21:23
Bienvenue rapide!
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MessageSujet: Re: Aadrian De With - Terminée Jeu 9 Juin - 22:30
Merci ! :3
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Othello
MessageSujet: Re: Aadrian De With - Terminée Ven 10 Juin - 0:42
Bienvenue parmi nous


Hello Aadrian fox
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ta fiche sincèrement, tu as une façon d'écrire qui est très équilibrée. La beauté, le côté poétique des paroles qui suit une  la lecture fluide mais complète. Résultat ton histoire ne m'a pas parut si longue à lire au contraire ton début était très beau du coup j'me suis vite sentit plongé dans l'histoire et j'aime bien le caractère de ton personnage.  Avec la façon dont tu as exploité/détailler ton histoire j'vois une vrai vision de la vie que ton personnage à eu. Ca fait du bien. ( Pauvre Aadrian avec la relation toxique qu'il a eut avec Vaast.. éwè)

Il risque de bien s'entendre avec nos buveurs d'alcools à Roncepourpre Tarrim & toi feriez de bons partenaires de beuverie ça te fera des amis éhé !
Je t'annonce que tu es validé.

J'espère que tu te plairas parmi nous ♥️ Comme dit je te volerais déjà un lien pour mon Rébus !

À présent que tu es un résident du Manoir de Roncepourpre tu as été ajouté au groupe Vampires et tu peux maintenant consulter les recherches de Maîtres/Calices ou poster la tienne ici, demander des appartements dans cette section et créer des prédéfinis ici. Aussi la section des journaux de liens t'es ouverte, importante pour te construire des liens avec nos membres et pour pouvoir suivre ta chronologie. N'oublie pas de recenser ton avatar et ta marque !

Si tu as la moindre question, tu peux nous contacter par MP si le besoin en est !  
Bon jeu.
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MessageSujet: Re: Aadrian De With - Terminée
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Aadrian De With - Terminée

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